La méthode Miyawaki

L’origine

Akira Miyawaki

Akira Miyawaki est un botaniste japonais de 90 ans aujourd’hui, expert en biologie végétale et professeur à l’université nationale de Yokohama. Il a élaboré et mis en pratique la méthode de reforestation « senzai shizen shokysei », soit la « végétation potentielle naturelle ».

Le principe

Ce dispositif se décline en plusieurs étapes. Une sélection est faite au sein d’une variété de plantes indigènes d’une région. Les graines sont ensuite plantées et mises à germer dans des pépinières. Lorsque les plants ont un ou deux ans, ils sont replantées sur des terrains préparés. Les sols sont fertilisés en amont avec des matières naturelles (écorces, plantes en décomposition, ajout de lombrics…).

Il s’agit ensuite de planter de nombreuses essences d’arbres différentes sur chaque parcelle (entre 30 et 40 essences différentes natives dans la même zone), afin de maximiser la biodiversité qui pourra s’y installer. Les essences vont de l’arbuste des bocages aux arbres de canopée pour une occupation optimale de l’espace vertical et un plus grand stockage de carbone.

Les avantages de cette méthode

  • La technique « Miyawaki » est une méthodologie unique qui a fait ses preuves dans le monde entier, quelles que soient les conditions de sol ou de climat. Plus de 3000 forêts ont déjà été créées avec succès.
  • Les forêts plantées de cette manière sont jusqu’à 30 fois plus denses qu’une plantation d’arbres classique et 100 fois plus riches en biodiversité. Cela crée un écosystème stable et résilient.
  • La méthode « Miyawaki » s’avérerait plus efficace que celles de reboisements classiques. Elle permet un meilleur enracinement et donc une résistance aux conditions météorologiques extrêmes (tempêtes, sécheresses, inondations, feux, vents violents, maladies…).
  • Les nouvelles « forêts vierges » se développent plus vite grâce à l’interaction entre les plantes et aux synergies qu’elles développent entre elles. Elles nécessitent une intervention humaine pendant les 3 premières années pour arroser et retirer les adventices et graminées qui pourraient pousser et concurrencer les jeunes plants d’évoluer.
  • Les forêts sont indépendantes, sans maintenance, sans produits chimiques ni fertilisants artificiels, sauvages et natives, et soutiennent la biodiversité locale au bout de seulement trois ans.

Si cette méthode de plantation peut étonner par sa densité (3 arbres au mètre carré), c’est uniquement parce que nous avons été habitués à voir des plantations humaines, d’arbres bien espacés les uns des autres, en ville ou dans des forêts exploitées. Dans des forêts naturelles les arbres poussent très proches les uns des autres.
C’est d’ailleurs cette proximité qui permet aux arbres une coopération par leur réseau racinaire. Cela leur permet de croître plus rapidement, d’être plus résistants aux aléas climatiques, et d’avoir une assistance en cas de maladie.

Les autres techniques

Nous avons choisi, pour notre premier terrain, une terre qui pendant 17 ans a été en pâture pour des chevaux en milieu rural. En voulant préparer le terrain, nous avons découvert un sol très vivant avec une activité bactérienne et mycorhizienne importante. Sans intervention humaine, le terrain était déjà en évolution de forêt avec de nombreux arbrisseaux qui s’étaient développés de façon spontanée un peu partout. Nous avons choisi de ne pas transformer le terrain comme le préconise la méthode Miyawaki pour préserver la qualité de ce sol et d’ajouter de la diversité par le nombre des essences plantées (plus d’une trentaine indigènes). Par cette expérience, nous avons commencé à faire évoluer la méthode de base pour l’adapter à de plus grandes surfaces.
Nous tentons et testons aujourd’hui de nouvelles techniques, notamment de semis, de libre évolution de terrain…

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Vous pouvez télécharger de la documentation sur la méthode Miyawaki en cliquant ici. Cette documentation est la traduction française réalisée par nos soins des documents que Afforestt a mis à disposition en accès libre sur leur site. Nous les avons traduits avec leur autorisation.

Commentaires

  1. […] Les forêts miniatures Miyawaki (du nom de leur inventeur) s’en veulent la démonstration. Imaginée par un botaniste japonais, cette technique inspirée là encore des forêts naturelles consiste à créer sur des parcelles même de petite taille des plantations très denses (3 arbres par m2) d’essences locales pour favoriser la communication racinaire, limiter la croissance d’herbes adventices et créer une situation de compétition vertueuse pour la lumière entre les plants. En 3 ans, la micro forêt ainsi créée pourra se passer de toute intervention humaine et sera jusqu’à 30 fois plus dense qu’une plantation d’arbres classique et 100 fois plus riche en biodiversité, créant un écosystème stable et résilient filtrant poussières et bruits jusqu’à 30 fois plus qu’une forêt de culture traditionnelle.  Plus de 3000 forêts auraient déjà été plantées sur ce modèle. La ville est un de leur terrain de prédilection et élu.e.s, urbanistes et aménageur.se.s eux aussi se convertissent aux vertus de la forêt. […]

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